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Le monde face à l’urgence : sortir enfin de l’âge des fossiles

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À l’heure où les crises climatique, énergétique, alimentaire et sécuritaire s’entremêlent, l’Assemblée générale de l’ONU doit devenir le théâtre d’un choix décisif : prolonger le système fossile ou ouvrir la voie à une transition réellement juste.

Le monde suffoque, et pourtant il continue de creuser. Derrière le dérèglement climatique se dessine une même mécanique : extraction, dépendance, profits et vulnérabilités. Pendant que les températures s’affolent, que les conflits se militarisent et que le prix de l’énergie et des aliments étrangle les ménages, les populations les plus exposées paient encore la facture d’un modèle dont elles ne contrôlent ni les décisions ni les bénéfices.

Septembre pourrait pourtant changer la donne. Réunis à New York pour la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, les gouvernements auront devant eux une responsabilité qui dépasse les discours diplomatiques. La récente réaffirmation des obligations climatiques des États par la justice internationale impose une question simple, presque brutale : que valent les engagements solennels si les politiques publiques continuent d’alimenter la dépendance aux énergies fossiles ?

Car il ne s’agit plus seulement de réduire quelques émissions ou d’annoncer de nouvelles promesses. Il faut désarmer progressivement le système fossile, financer une transition juste, protéger les travailleurs et réparer les territoires sacrifiés. Du 14 au 20 septembre, les mobilisations citoyennes annoncées sur plusieurs continents rappelleront aux dirigeants une vérité souvent oubliée dans les sommets : le climat n’est pas une abstraction diplomatique. Il se vit dans les villages déplacés, les récoltes perdues, les villes suffocantes et les familles privées d’énergie.

L’enjeu est aussi celui de la justice mondiale. Ceux qui ont le moins contribué à la crise climatique en subissent souvent les conséquences les plus lourdes. Les pays et communautés dévastés ne demandent donc pas la charité, mais la réparation, la responsabilité et le droit de participer aux décisions qui déterminent leur avenir. Une transition énergétique qui reproduirait les mêmes rapports de domination sous un vocabulaire « vert » ne serait qu’un changement de façade.

Le rendez-vous de New York doit ainsi dépasser le rituel des déclarations. Il doit devenir un moment de rupture. Le monde peut continuer à protéger les intérêts d’une économie fossile qui prospère sur les fractures, ou choisir enfin de protéger les peuples qui vivent avec leurs conséquences. Entre ces deux chemins, il n’y a plus beaucoup de temps. Et l’histoire jugera moins les promesses prononcées que le courage d’agir.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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