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Dans le Kwilu, un conflit foncier qui semblait relever du droit bascule une nouvelle fois dans la violence, avec son cortège de blessés et de violences sexuelles.
La terre, au Kwilu, n’est plus seulement un bien à défendre : elle devient parfois une frontière que le sang vient dessiner. À Kawungji comme à Mampungu, les tensions foncières ont repris de plus belle, faisant plusieurs blessés et laissant deux femmes victimes de viols lors des affrontements du 20 août. Une escalade d’autant plus inquiétante que des armes à feu auraient été utilisées.
Le plus troublant est ailleurs : ces violences surviennent alors qu’une décision de justice aurait donné raison au groupement Kawungji et qu’une opération de déguerpissement avait été menée par les autorités. Lorsque la justice tranche mais que la paix ne suit pas, c’est toute l’autorité de l’État qui se trouve fragilisée. Une décision judiciaire ne peut être le prélude à une nouvelle confrontation ; elle doit ouvrir la voie à une solution durable, encadrée et acceptée.
L’urgence est donc de sortir de la logique du rapport de force. Les autorités provinciales et nationales doivent établir les responsabilités, protéger les populations, désarmer les acteurs impliqués et garantir une prise en charge digne des victimes, notamment des femmes agressées. Le silence, dans ce genre de crise, n’est jamais neutre : il laisse la violence gagner du terrain.
Car derrière les hectares disputés se joue une question autrement plus vaste : celle de la capacité de l’État congolais à faire respecter le droit sans provoquer de nouvelles fractures communautaires. À Gungu comme à Bulungu, la paix ne se décrète pas par une décision administrative ; elle se construit par la justice, le dialogue et la protection des civils. La terre doit nourrir les hommes, pas devenir leur tombeau.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Gungu-Bulungu : quand la terre devient le théâtre de la violence