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Luiza : quand l’or s’évapore, la justice doit descendre au fond de la mine

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Au Kasaï-Central, les accusations d’exploitation aurifère illégale et de rétrocommissions font ressurgir une vieille question : à qui profite réellement la richesse du sous-sol congolais ?

À Luiza, l’or semble briller davantage dans les comptes supposés des opérateurs que dans le quotidien des populations. Le rapport de journalistes d’investigation, relayé par le député provincial Stéphane Muanda, décrit un système où des entreprises et des coopératives auraient exploité plusieurs sites sans les titres requis. Des accusations graves, qui ne valent pas condamnation, mais qui méritent mieux que le silence : une enquête judiciaire indépendante, rapide et transparente.

Oxor Capital, Shashem, Mecopane et Leta Mbawu Mining Company sont citées parmi les entreprises mises en cause. Plus troublant encore, le rapport évoque l’implication présumée de certains responsables provinciaux dans la facilitation de ces activités, en échange de rétrocommissions. Si ces faits étaient établis, le problème dépasserait largement celui de quelques permis miniers : il révélerait une dangereuse porosité entre puissance publique et intérêts privés, là où l’État devrait précisément être le gardien du bien commun.

Car pendant que l’or quitte le sous-sol de Luiza, les routes restent dégradées, les structures sanitaires insuffisantes, les écoles confrontées au manque de moyens et l’accès à l’eau potable demeure un défi. La richesse minière qui ne transforme pas la vie des communautés ressemble à une promesse trahie. La justice doit donc regarder au-delà des galeries et des registres : elle doit vérifier les titres, retracer les flux financiers, entendre les responsables cités et déterminer qui a bénéficié de quoi.

L’affaire de Luiza peut ainsi devenir un test grandeur nature pour la gouvernance minière au Kasaï-Central. Si les accusations sont infondées, les personnes mises en cause doivent pouvoir être blanchies. Si elles sont confirmées, les responsabilités doivent être établies et sanctionnées conformément à la loi. Car dans un pays où le sous-sol est riche et les populations pauvres, l’urgence n’est plus seulement d’extraire l’or : c’est de faire en sorte que sa valeur ne soit pas, elle aussi, extraite du peuple.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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