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La République démocratique du Congo vient d’enregistrer une victoire environnementale qui dépasse le simple cadre administratif. En retirant le Parc National de la Garamba de la liste du patrimoine mondial en péril, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO reconnaît les progrès accomplis dans la protection de l’un des plus anciens et des plus prestigieux parcs d’Afrique. Cette décision, adoptée à l’unanimité lors de la 48ᵉ session tenue à Pusan, en Corée du Sud, récompense des années d’efforts, de sacrifices et de résilience face aux multiples menaces qui ont longtemps pesé sur cette aire protégée d’exception.

Cette reconnaissance internationale rappelle qu’investir dans la conservation n’est jamais un luxe, mais une nécessité. Garamba, célèbre pour son exceptionnelle biodiversité et pour avoir longtemps abrité les derniers rhinocéros blancs du Nord, symbolise aujourd’hui la capacité de la RDC à préserver un patrimoine naturel d’importance universelle malgré un contexte sécuritaire et économique particulièrement complexe. Le succès obtenu par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) démontre que la volonté politique, le professionnalisme des écogardes et le soutien des partenaires peuvent produire des résultats concrets lorsque la protection de la nature devient une priorité nationale.
Cette victoire ne doit cependant pas masquer les défis qui subsistent. Les Parcs nationaux des Virunga et de Kahuzi-Biega, ainsi que la Réserve de Faune à Okapis, figurent toujours sur la liste du patrimoine mondial en péril. Ces sites continuent de subir les effets des conflits armés, du braconnage, de l’exploitation illégale des ressources naturelles et des pressions humaines. Le6 retrait de la Garamba doit ainsi servir de modèle et d’encouragement pour intensifier les efforts de conservation dans ces autres sanctuaires, véritables piliers de la biodiversité mondiale.

L’histoire retiendra que le 25 juillet 2026 marque un tournant pour la conservation en République démocratique du Congo. Plus qu’une distinction internationale, cette décision constitue un message d’espoir : lorsqu’un État, ses institutions, les communautés locales et les partenaires unissent leurs forces, il est possible de sauver des écosystèmes uniques et de restaurer la confiance de la communauté internationale. La Garamba ouvre désormais la voie. Il appartient aux autorités congolaises de transformer cette réussite en une dynamique nationale capable de sortir, à leur tour, les Virunga, Kahuzi-Biega et la Réserve de Faune à Okapis de la liste des patrimoines mondiaux en péril.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan