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Lac Édouard : les pêcheurs congolais exigent une nouvelle loi pour sauver les ressources halieutiques, protéger leurs droits et garantir l’avenir de la pêche nationale

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Les pêcheurs opérant sur le lac Édouard, à travers la Fédération des comités des pêcheurs du lac Édouard (FECOPEILE), intensifient leur plaidoyer pour l’adoption urgente d’une nouvelle loi congolaise sur la pêche et l’aquaculture afin de remplacer un décret hérité de l’époque coloniale datant de 1937, jugé totalement inadapté aux réalités actuelles. Dans un mémorandum adressé le 13 janvier 2026 à l’Assemblée nationale, l’organisation dénonce un cadre juridique dépassé qui ne protège ni les ressources halieutiques ni les intérêts économiques et sociaux des pêcheurs congolais, laissant place à la surexploitation, à la dégradation des écosystèmes et à une dépendance alimentaire croissante du pays vis-à-vis des importations de poissons. Pour la fédération, l’adoption d’une loi moderne est devenue indispensable pour encadrer durablement les activités de pêche, restaurer l’équilibre écologique du lac et garantir un avenir viable aux milliers de familles vivant directement de cette ressource stratégique.

Un vide juridique qui fragilise les pêcheurs congolais face aux tensions avec l’Ouganda

Le caractère transfrontalier du lac Édouard, partagé entre la RDC et l’Ouganda, accentue les difficultés rencontrées par les pêcheurs congolais, qui se retrouvent souvent victimes d’un déséquilibre juridique défavorable. Selon Josué Mukura, secrétaire général de la FECOPEILE, les pêcheurs congolais sont régulièrement arrêtés et lourdement sanctionnés lorsqu’ils franchissent involontairement la frontière côté ougandais, alors que les pêcheurs ougandais interpellés dans les eaux congolaises sont souvent libérés faute de base légale solide permettant leur poursuite. Cette absence de réciprocité, conséquence directe d’un cadre juridique obsolète, fragilise la souveraineté congolaise sur ses eaux et met en péril la sécurité des communautés locales dépendantes de la pêche. D’où l’urgence, selon les pêcheurs, d’adopter une loi capable de renforcer la protection des eaux congolaises et d’assurer un encadrement clair et équitable des activités halieutiques.

Une loi capitale pour protéger l’environnement, encadrer la pêche et assurer l’avenir des communautés riveraines

Au-delà des tensions frontalières, la FECOPEILE insiste sur la nécessité d’intégrer dans la future loi des mesures modernes prenant en compte la justice climatique, la protection de la biodiversité et les nouveaux défis environnementaux, notamment les risques liés à l’exploitation pétrolière dans la région du lac. Les pêcheurs réclament ainsi des sanctions claires contre toute activité causant des dégâts écologiques, ainsi qu’une réglementation stricte des pratiques de pêche dans les zones protégées afin d’éviter l’effondrement des stocks de poissons. Pour l’organisation, la proposition de loi déposée depuis octobre 2023 doit être examinée en priorité lors de la session parlementaire en cours, car chaque retard aggrave la dégradation des écosystèmes et la précarité des communautés riveraines. L’adoption de cette loi apparaît aujourd’hui comme une étape décisive pour encadrer durablement la pêche en RDC, protéger les ressources aquatiques nationales et garantir la survie économique et sociale des populations vivant du lac Édouard.

La Rédaction

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