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Quand les multinationales défient les communautés locales riveraines du lac Kivu dans leurs projets d’exploitation des blocs gaziers : entre appétits étrangers et résistance populaire

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Alors que les blocs gaziers du lac Kivu attisent l’intérêt croissant des multinationales, les communautés locales riveraines se sentent de plus en plus exclues des processus de décision. Ces entreprises, souvent appuyées par les autorités politiques au nom de la croissance économique, avancent à marche forcée dans leurs projets d’extraction, sans informer ni consulter les populations qui vivent depuis des générations de ce lac. Pour de nombreux habitants, notamment à Minova, à Idjwi ou sur les îlots environnants, il ne s’agit pas seulement d’un projet énergétique, mais d’une menace directe sur leur subsistance, leur culture et leur identité. L’exploitation du gaz, au lieu d’être une opportunité partagée, est perçue comme une agression territoriale et écologique orchestrée sans respect des droits communautaires.

Les pêcheurs et agriculteurs de Minova et Idjwi sonnent l’alerte

Sur le terrain, les pêcheurs d’Idjwi et les agriculteurs de Minova décrivent une situation alarmante. L’arrivée d’équipements d’exploration gazière restreint l’accès aux zones de pêche et provoque des craintes réelles d’impacts sur les écosystèmes aquatiques. On ne peut plus poser nos filets là où nos pères pêchaient, déplore un pêcheur. À Minova, des agriculteurs redoutent la contamination de leurs terres et la perturbation de la nappe phréatique. Emmanuel Ndimwiza, en reportage sur les lieux, rapporte des témoignages unanimes : les habitants n’ont jamais été consultés et refusent de voir leur avenir bradé pour des bénéfices qui ne leur reviendront jamais. Ces communautés réclament un moratoire sur tout projet gazier non validé par la population.

Les insulaires du lac Kivu refusent d’être sacrifiés au nom du profit

Sur les îlots du lac, la colère monte d’un cran. Ces terres, souvent oubliées des plans de développement, sont aujourd’hui ciblées pour leur proximité avec les blocs d’exploitation. Les insulaires redoutent non seulement la perte de leur habitat, mais aussi des déplacements forcés si les activités d’extraction modifient l’équilibre géologique du fond du lac. Ils appellent à la solidarité nationale et internationale pour bloquer ce qu’ils qualifient de pillage organisé. Pour eux, le choix est clair : soit préserver un écosystème vital et ancestral, soit laisser les multinationales imposer un modèle extractiviste qui risque de détruire durablement le tissu social et écologique du lac Kivu.

La Rédaction

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