Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
La République Démocratique du Congo et la République du Congo viennent de franchir un cap historique dans leur coopération énergétique avec la signature d’un accord de partage de 30 MW d’électricité, conclu à Brazzaville le 20 décembre 2025 entre Aimé Sakombi Molendo, ministre congolais des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, et son homologue Émile Ouosso. Ce partenariat vise à encadrer les échanges d’énergie entre la SNEL SA et E2C SAU, grâce à un contrat jugé sécurisé et durable. Ce nouvel engagement s’appuie sur des liens historiques de coopération, mais surtout sur une ambition affichée : renforcer l’interconnexion électrique sous-régionale. Toutefois, si l’annonce semble prometteuse sur le papier, de nombreuses zones d’ombre subsistent quant aux modalités exactes de cet accord et à sa transparence vis-à-vis des populations concernées.
Négociations opaques et populations exclues du processus décisionnel
Derrière l’euphorie diplomatique et les déclarations triomphantes, plusieurs voix citoyennes dénoncent un processus de négociation opaque, mené loin du regard des communautés locales qui, pourtant, devraient être les premières bénéficiaires ou victimes des retombées de ce projet. Ni consultations publiques, ni enquêtes d’impact transparentes n’ont été rendues disponibles. De plus, aucune information n’a été communiquée sur les zones précises d’implantation ou d’acheminement de l’électricité, ni sur les mesures d’atténuation prévues en cas d’effets sociaux ou environnementaux. Une fois de plus, la critique d’un schéma de gouvernance énergique élitiste refait surface, où les décisions se prennent entre hauts fonctionnaires, sans tenir compte de l’avis des populations ni des besoins des zones non desservies en RDC, pourtant nombreuses.
Intégration régionale versus besoins nationaux : une équité énergétique en question
Alors que cet accord est présenté comme un jalon stratégique pour l’intégration régionale, il soulève aussi la question de priorisation des investissements et d’équité dans la distribution de l’énergie. Pourquoi exporter de l’électricité quand de vastes pans du territoire congolais restent encore plongés dans l’obscurité ? Les ONG locales et certains acteurs de la société civile appellent à plus de redevabilité, de transparence et d’inclusion dans ces décisions stratégiques. Ils exigent que les futures coopérations énergétiques soient conditionnées par une participation active des citoyens, une transparence sur les flux financiers et un bénéfice direct pour les communautés locales. Car au-delà des discours officiels, la véritable réussite d’un tel accord réside dans sa capacité à transformer concrètement la vie des populations, pas seulement à renforcer les indicateurs diplomatiques.
La Rédaction