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Dans le parc national de Douala-Edéa, classé réserve de biosphère, les communautés locales assistent impuissantes à la destruction de leur principale source de vie : la pêche. Des chalutiers industriels chinois opèrent illégalement dans les eaux protégées du parc, notamment sur le lac Tissongo et dans les mangroves, en utilisant des filets prohibés et parfois même des produits chimiques. Ces intrusions ne se limitent pas à une concurrence déloyale : elles provoquent des conflits violents, des dégâts matériels, et alimentent un climat de peur au sein des pêcheurs artisanaux.
Une violence croissante et un sentiment d’abandon
Les témoignages recueillis à Mbiako, village de pêcheurs situé sur le bassin de la rivière Sanaga, révèlent une réalité alarmante. Trois pêcheurs auraient été tués en 2024 lors d’affrontements avec ces navires industriels. Armés et souvent agressifs, les équipages des chalutiers pourchassent les pêcheurs locaux, détruisent leurs filets et tirent sur ceux qui tentent de se défendre ou de récupérer leurs engins. Face à cette violence, les populations dénoncent l’absence de protection de la part des autorités camerounaises.
Appel urgent à une régulation stricte et à la protection des zones protégées
Les pêcheurs artisanaux demandent des actions concrètes du gouvernement : renforcer la surveillance maritime, expulser les chalutiers illégaux des zones protégées, et garantir la sécurité des communautés locales. La survie des écosystèmes marins du parc de Douala-Edéa, tout comme celle de milliers de familles, dépend d’une volonté politique ferme de faire respecter la loi. Sans réaction rapide, c’est tout un patrimoine écologique et humain qui risque de disparaître.
La Rédaction
Cameroun : la pêche artisanale menacée par les chalutiers chinois dans les parcs nationaux – quand la mer devient un champ de bataille