Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
L’Organisation néerlandaise ZOA RDC poursuit ses efforts en faveur de la consolidation de la cohésion sociale et du renforcement des mécanismes locaux de prévention et de gestion des conflits dans les zones couvertes par le projet transition pour le développement inclusif TRIDE.
Dans ce cadre, des médiateurs communautaires ont pris part à une session de renforcement des capacités axée sur la communication non violente (CNV) et les techniques de médiation. L’activité s’est tenue dans la grande salle multifonctionnelle des jeunes de KASHARA, dans le groupement de MPENE, en Chefferie de NTAMBUKA.
L’objectif de cette formation était de doter les médiateurs communautaires de connaissances et d’outils pratiques leur permettant de mieux prévenir les tensions, faciliter le dialogue entre les parties en conflit et contribuer à la recherche de solutions pacifiques au niveau local.
Miser sur les mécanismes communautaires
Dans plusieurs communautés rurales, les structures locales de gestion des conflits constituent un premier recours pour les populations confrontées aux différends. Leur proximité avec les communautés leur permet d’intervenir rapidement et de favoriser le dialogue avant que certains conflits ne dégénèrent.
Pour ZOA RDC, le renforcement de ces mécanismes locaux s’inscrit dans une logique de durabilité et d’appropriation communautaire.
L’objectif est de renforcer les capacités des acteurs locaux afin qu’ils puissent eux-mêmes contribuer durablement à la prévention et à la résolution pacifique des conflits au sein de leurs communautés. La communication non violente et la médiation constituent des outils essentiels pour restaurer le dialogue et préserver la cohésion sociale, explique Madame NSIMIRE MUSABA Mireille, Experte en sensibilité aux conflits genre et inclusion sociale.

Au cours de la session, les participants ont notamment été sensibilisés à l’écoute active, à la gestion constructive des désaccords, au dialogue, à la neutralité du médiateur ainsi qu’aux différentes étapes d’un processus de médiation.
Des outils pour mieux intervenir sur le terrain
Au-delà des connaissances théoriques, la formation a mis l’accent sur la pratique, à travers des échanges d’expériences et des exercices permettant aux participants de mieux comprendre leur rôle dans la gestion des conflits communautaires.
Pour les médiateurs bénéficiaires, cette formation représente une occasion de renforcer leur efficacité sur le terrain.
Cette formation nous a permis de comprendre davantage comment écouter les différentes parties, rester neutres et les accompagner vers une solution acceptable pour tous. Nous avons appris qu’un médiateur ne doit pas imposer une solution, mais plutôt faciliter le dialogue entre les personnes en conflit temoigne BARHAKENGERA Joseph médiateur, médiateur communautaire bénéficiaire.»
Un autre participant souligne l’importance de la communication non violente dans son travail quotidien :
Nous sommes régulièrement confrontés à des situations où les paroles peuvent aggraver un conflit. Les techniques apprises vont nous aider à communiquer autrement, à calmer les tensions et à encourager les parties à privilégier le dialogue, explique KIKURU MUSHINGI .
Des fournitures pour soutenir l’engagement volontaire
À l’issue de la formation, les comités de médiation ont également reçu des fournitures de fonctionnement destinées à faciliter l’exercice de leurs activités au sein des villages.
Cette dotation vise à renforcer les capacités opérationnelles des structures locales, tout en constituant une forme de reconnaissance de l’engagement volontaire des médiateurs communautaires.
Les médiateurs jouent un rôle central dans leurs villages. Cette dotation vise à leur donner des moyens pratiques pour accomplir leurs tâches et à reconnaître leur engagement volontaire en faveur de la paix et de la cohésion sociale, précise NNSIMIRE MUSABA Mireille, Experte en sensibilité aux conflits genre et inclusion sociale.

Pour les bénéficiaires, l’appui matériel constitue également un encouragement à poursuivre leur mission.
Nous apprécions cet accompagnement parce que notre travail est essentiellement volontaire. Les fournitures reçues vont nous permettre de mieux organiser nos activités et de poursuivre notre engagement auprès des communautés, affirme ARUNI KIRABA.
Renforcer la cohésion sociale à la base
À travers le renforcement des compétences des médiateurs et l’appui aux comités locaux de médiation, ZOA RDC entend contribuer à la consolidation de mécanismes endogènes de prévention et de résolution des conflits.
L’approche mise en œuvre dans le cadre du projet TRIDE repose ainsi sur la responsabilisation des acteurs communautaires et le renforcement des capacités locales, avec l’ambition de favoriser des solutions durables aux conflits et de consolider les relations entre les membres des communautés.
À Kashara, les médiateurs repartent donc avec de nouvelles connaissances, mais aussi avec la responsabilité de transformer ces acquis en actions concrètes au service du dialogue, de la prévention des conflits et de la cohésion sociale dans leurs villages.
Dans le groupement de Mpene, la médiation communautaire entend ainsi s’affirmer davantage comme un levier local de prévention des conflits et de consolidation de la paix.
Albert CINYABUGUMA