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L’Afrique ne manque ni de terres ni de talents. Ce qui lui fait encore défaut, c’est un financement capable de transformer le potentiel agricole en prospérité durable.
L’Afrique peut-elle nourrir son avenir avec des budgets publics qui, à eux seuls, ne suffisent déjà plus ? À l’ouverture de l’#AFSForum2026, la vice-présidente du FIDA, Dr Gérardine Mukeshimana, a posé une évidence : l’argent public doit cesser d’être seulement une dépense et devenir un levier capable de rassurer, d’attirer et de mobiliser le capital privé vers les campagnes africaines.
Car derrière les statistiques de la faim se joue une bataille beaucoup plus vaste. La récente stabilisation de la hausse de la faim sur le continent constitue un signal encourageant, mais certainement pas une victoire. Tant que des millions de familles resteront exposées à la pauvreté alimentaire, aux chocs climatiques et à l’instabilité des prix, le moindre progrès demeurera fragile comme une récolte sous un ciel incertain.
L’enjeu est désormais celui de l’échelle. Il faut investir davantage dans des systèmes alimentaires capables de produire une nourriture nutritive et abordable, mais aussi dans des routes, des marchés, l’irrigation, le stockage, la transformation et l’accès au crédit. Il faut surtout faire de l’agriculture un secteur où une jeune Africaine ou un jeune Africain puisse voir non pas une activité de survie, mais une entreprise, un métier et un avenir.
Le défi climatique rend cette transformation encore plus urgente. Sécheresses, inondations, dégradation des sols et bouleversement des saisons agricoles frappent d’abord les petits producteurs, ceux qui disposent du moins de moyens pour absorber les chocs. Financer l’agriculture africaine, c’est donc aussi financer sa résilience : protéger les producteurs, sécuriser les récoltes et donner aux économies rurales les moyens de résister aux crises.
L’Afrique a déjà démontré que sa transformation agricole n’était pas une utopie. Reste maintenant à lui donner la vitesse et l’ampleur nécessaires. Le véritable pari n’est plus de savoir si le continent peut produire davantage, mais si ses gouvernements, ses investisseurs et ses partenaires sauront enfin unir leurs capitaux autour d’une même ambition : faire de l’agriculture le socle d’une prospérité africaine qui nourrisse ses peuples, crée des emplois et ne laisse personne au bord du champ.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Agriculture africaine : l’heure de passer de la promesse à l’échelle