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Gabon : à +1,5 °C, quel avenir pour le pays ? H20 Gabon tire la sonnette d’alarme

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Entre forêt, océan, pétrole et urbanisation côtière, le Gabon possède encore les cartes pour devenir un modèle climatique en Afrique centrale. Mais, comme l’alerte H20 Gabon, ce futur ne sera ni automatique ni gratuit : il dépend des choix faits aujourd’hui.

H20 Gabon le rappelle avec insistance : à +1,5 °C, le Gabon pourrait encore transformer ses vulnérabilités en opportunités. Préserver les mangroves, anticiper la montée des eaux, protéger les nappes phréatiques et adapter Libreville comme Port-Gentil ne relève plus de l’écologie de salon. C’est une question de survie urbaine. H20 Gabon alerte ainsi sur un paradoxe : le pays qui possède l’une des plus importantes richesses forestières du continent pourrait devenir une victime du dérèglement climatique s’il continue de regarder la mer monter sans préparer ses rivages.

Sur le front économique, H20 Gabon invite également à regarder au-delà du pétrole. Le sous-sol ne doit plus être l’unique coffre-fort de la prospérité nationale. Le solaire, l’hydroélectricité, le manganèse, l’agriculture durable, l’écotourisme et les emplois liés à la conservation peuvent dessiner une économie moins dépendante des hydrocarbures. La forêt gabonaise, si elle est réellement protégée, pourrait devenir une richesse stratégique : non pas une marchandise à abattre, mais un service climatique dont la valeur doit bénéficier aux populations gabonaises.

Mais H20 Gabon pose surtout une question politique : que fera Libreville de la fenêtre qui reste ouverte ? Attendre que les inondations, l’érosion côtière, les perturbations agricoles et les crises sanitaires imposent leurs propres décisions serait une faute historique. La transition doit commencer avant que l’urgence ne la rende plus coûteuse. Protéger Port-Gentil, restaurer les mangroves, préserver les forêts et investir les revenus actuels dans une énergie propre ne sont pas des luxes : ce sont des choix de souveraineté.

En 2050, H20 Gabon pourrait alors regarder derrière lui avec la satisfaction d’un pays qui aura compris que son véritable patrimoine ne se trouvait pas seulement sous terre, mais aussi dans ses forêts, ses océans et ses communautés. Entre le Gabon qui anticipe et celui qui subit, la frontière ne sera pas climatique : elle sera politique. H20 Gabon l’alerte aujourd’hui ; aux décideurs gabonais de décider si cette alerte deviendra une politique publique ou le regret d’une occasion manquée.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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