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La révision annoncée du Code minier de la République démocratique du Congo ouvre un débat qui dépasse largement les questions fiscales ou les intérêts des investisseurs. À travers un communiqué publié le 24 juillet 2025, plusieurs organisations de jeunesse, dont la Ligue pour la Transparence dans le secteur Extractif (LITRASE), Action pour la Bonne Gouvernance (ABG), l’Initiative pour la Protection des droits de l’homme et Réinsertion sociale (IPDHOR) et Oisillons Groupe, interpellent les autorités sur ce qu’elles considèrent comme une lacune majeure : l’absence d’une participation effective des jeunes dans un processus qui déterminera pourtant l’avenir économique, social et environnemental du pays. Pour ces organisations, la jeunesse, majoritaire dans la démographie congolaise, ne peut être réduite au rôle de simple observatrice.
Au-delà de cette revendication de représentativité, le message porte une vision plus profonde de la gouvernance des ressources naturelles. Les organisations signataires estiment que le futur Code minier doit intégrer des mécanismes concrets favorisant le développement durable, la résilience climatique, la création d’emplois pour les jeunes, le transfert des compétences, la transformation locale des minerais, ainsi qu’une gestion plus transparente des revenus issus de l’exploitation minière. Elles plaident également pour la création d’un Fonds minier destiné aux générations futures, considérant que les ressources minières, par définition limitées, doivent produire des bénéfices durables bien au-delà de leur exploitation.
Cette prise de position intervient dans un contexte où la RDC, riche en minerais stratégiques indispensables à la transition énergétique mondiale, fait face à un défi historique : éviter que cette abondance ne continue d’alimenter les inégalités, les conflits et la dégradation de l’environnement. En rappelant que la réforme du Code minier doit constituer un véritable pacte intergénérationnel, les organisations de jeunesse invitent le gouvernement, le Parlement, les entreprises minières et les partenaires techniques et financiers à dépasser une logique exclusivement économique pour inscrire la réforme dans une perspective de justice sociale, de paix et de responsabilité environnementale.
Plus qu’un plaidoyer, cette déclaration traduit l’émergence d’une jeunesse qui entend peser sur les décisions stratégiques du pays. Son message est clair : la gouvernance des ressources minières ne peut plus être élaborée sans ceux qui en hériteront demain. Si les autorités choisissent d’intégrer cette voix dans le processus de réforme, elles pourraient poser les bases d’un modèle minier plus inclusif et plus durable. À l’inverse, ignorer cette aspiration risquerait de renforcer le sentiment d’exclusion d’une génération qui réclame non seulement une place dans les discussions, mais surtout le droit de participer à la construction de l’avenir de la République démocratique du Congo.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Révision du Code minier en RDC : la jeunesse refuse d’être spectatrice et exige une réforme qui transforme les richesses du sous-sol en prospérité durable pour les générations présentes et futures