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Lac Albert : les habitants de Kasenyi dénoncent les promesses brisées des pétroliers et refusent de sacrifier leur identité, leurs terres et l’avenir de leurs enfants au profit du pétrole

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À Kasenyi, sur les rives du lac Albert, la colère gronde face aux conséquences de l’exploration pétrolière. Upoki, pêcheur et sage du village, accuse les compagnies pétrolières d’avoir détruit ses filets sans jamais respecter leurs promesses d’indemnisation. « Nous n’avons plus confiance aux pétroliers. Nous voulons une pêche durable et des projets qui garantissent l’avenir de nos enfants, pas le pétrole qui détruit nos moyens de survie », déclare-t-il avec amertume.

Pour le secrétaire administratif du secteur de Bahema-Sud, ancien collaborateur d’Oil Of Congo, l’exploitation pétrolière représente une menace directe pour l’existence même de Kasenyi. Selon lui, plusieurs tracés identifiés pourraient entraîner le déplacement de nombreuses familles. Quand nous serons déplacés, nous perdrons notre identité, notre pouvoir ancestral et nos terres. Le pétrole apportera davantage de pauvreté, alors que nous avons besoin d’agriculture, d’élevage et d’une pêche responsable pour les générations futures, affirme-t-il.

Chez les jeunes, le sentiment de trahison est tout aussi fort. Un jeune habitant de Kasenyi rappelle que les compagnies avaient promis des emplois aux populations locales avant de recruter majoritairement une main-d’œuvre venue d’ailleurs. Même les jardiniers et les cuisiniers venaient de l’extérieur. Nous demandons seulement des soutiens adaptés comme la pêche durable, pas des projets qui détruisent notre avenir, dénonce-t-il.

Agriculteur et enseignant dans la plaine de Kasenyi, Zanzu raconte comment les activités pétrolières ont bouleversé son quotidien. Ils ont détruit nos semences, traversé nos champs et même modifié le cours naturel de la rivière Kisege qui inonde désormais nos terres. Ils ne sont pas venus pour développer notre communauté mais pour détruire ce que nous avions construit, témoigne-t-il avec indignation.

Pour Tabu Uba Elizabeth, transformatrice de poissons à Nyamove I, l’arrivée des pétroliers a été synonyme de mépris et d’injustice. « Ils ont fait passer leurs tuyaux dans nos parcelles sans nous consulter et sans aucune indemnisation. Je nourris mes enfants grâce à ce travail. S’ils reviennent, je serai parmi les femmes qui résisteront à cette domination », prévient-elle, convaincue que le pétrole menace directement la survie des familles locales.

À Camp-Port, Aliango Esther dépend entièrement de la pêche pour vivre. Son activité consiste à préparer les poissons avant leur commercialisation. Pour elle, la destruction du lac Albert serait une catastrophe humaine et économique. Si la pêche disparaît, c’est ma vie qui disparaît. C’est aussi l’avenir de mes enfants qui est sacrifié, affirme-t-elle. À travers ces témoignages, un message commun se dégage : les habitants de Kasenyi refusent que le lac Albert soit transformé en zone de sacrifice au profit de l’industrie pétrolière et réclament des investissements durables capables de protéger leurs terres, leurs ressources naturelles et les générations futures.

La Rédaction

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