Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique
Alors que la province de l’Ituri continue de subir les ravages de l’épidémie d’Ebola, plongeant des milliers de familles dans l’angoisse et l’incertitude, le débat politique en République démocratique du Congo semble suivre une trajectoire totalement opposée aux priorités nationales. C’est dans ce contexte alarmant que le Professeur Raphaël Nyabirungu Mwene Songa a lancé une sévère mise en garde contre ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle et morale du pays. Pendant que le monde entier délibère sur les mesures à prendre contre Ebola qui ravage l’Ituri, nos élus détricotent la Constitution, en attendant de la changer. Nous sommes ainsi témoins directs de l’effondrement moral de la Nation, a-t-il déclaré. Cette sortie résonne comme un cri d’alarme face à une classe dirigeante accusée de privilégier des calculs politiques au détriment des urgences sanitaires et sociales qui frappent durement les populations congolaises.
Sur le terrain, les conséquences de cette crise sanitaire restent dramatiques. Les structures médicales demeurent sous pression, les communautés locales vivent dans la peur permanente de la contamination, tandis que les partenaires internationaux multiplient les appels à la vigilance et à la mobilisation. Pourtant, à Kinshasa, l’attention d’une partie de la sphère politique semble davantage concentrée sur les débats autour de la révision constitutionnelle et des équilibres de pouvoir. Cette situation alimente un profond malaise au sein de l’opinion publique, où de nombreuses voix dénoncent une déconnexion croissante entre les préoccupations réelles des citoyens et les ambitions des décideurs. Pour plusieurs observateurs, la priorité nationale devrait être la protection des vies humaines, le renforcement du système de santé et la consolidation de la cohésion nationale face aux multiples crises qui secouent le pays.
La déclaration du Professeur Raphaël Nyabirungu Mwene Songa intervient ainsi comme une interpellation forte adressée à l’ensemble de la classe politique congolaise.
Au-delà de la seule question constitutionnelle, le constitutionnaliste pointe une crise plus profonde : celle des valeurs républicaines, de la responsabilité collective et du sens de l’État. Dans un pays confronté à des défis sécuritaires, sanitaires et économiques majeurs, l’image d’institutions absorbées par des luttes de positionnement politique risque davantage d’accentuer la fracture entre gouvernants et gouvernés. Pour le professeur, le danger n’est pas uniquement institutionnel ; il est aussi moral, car une Nation qui détourne son regard de la souffrance de son peuple pour se perdre dans des querelles de pouvoir court le risque d’affaiblir durablement son unité et sa crédibilité.
La Rédaction
RDC : Pendant qu’Ebola décime l’Ituri, le Nord et Sud-Kivu, et mobilise l’attention du monde, la classe politique s’enlise dans la remise en cause de la Constitution, au risque d’un effondrement moral de la Nation